Qui sont-ils ?

Qui êtes-vous ?
Vous qui disposez et interdisez
Vous qui internez sans prisons
Vous qui bénissez sans raisons
O mon Frère, mon Dieu
Dis-loi ce qu'il faut faire
Je veux m'évader comme la musique
Qui sort des entrailles de l'instrument
Et m'envoler par delà le siège des océans
Là ou se trouve le secret de la question
Que je vous pose
Qui êtes-vous ?
Oui, vous, là !
Qui êtes-vous ?

Je veux savoir, ne pas mourir idiot
Vous faites, vous êtes, et nous ?
Vous êtes venus, vous avez vu, mais je vous vaincrai
Je vous hais, je vous déteste
Malgré l'autorisation de ne pas le dire
Je le dit bien haut et j'alerte le peuple
Que la Xème révolution est en marche
Et que déjà l'on court au désastre
On fait appel à la raison
Mais qui êtes-vous ?

A quoi servez-vous ? Gardiens de l'imaginaire
Société rêvée, morte à minuit moins une
Nous sommes en deuil de la passion
Cherchant les fruits du même nom
En nous goinfrant des entrailles vides
De la société de consommation
Nous faisons le jeu de ceux qui existent
Mais qui sont-ils ?

Ne bouffons plus et refusons d'exister
Il faut être Dieu ou rien du tout
Pour atteindre le savoir des cases vides
Savoir planqué dans les décharges
Que l'on dégueule à plein camion-citerne
Brûlons le pétrole, cet alcool musulman
O mon frère, O mon Dieu
Viens trinquer avec moi
Et buvons l'or noir, l'intérêt des nations
Et pisser du champagne sur la société de consommation
Puis cracher le feu, cette conquête de l'homme
Ouvrons les coffre-forts et pillons la raison
L'aube n'est pas là, on ne sait où ils sont
Mais que peuvent-ils ?!

L'embryon de l'espace ricane doucement
L'homme-singé casse son cure-dent
Et le monolithe des buildings New-Yorkais
Se dresse comme un phallus vers le ciel ombragé
Et les avions bourdonnement comme des abeilles
DE cette ruche humaine, cette grande famille
Qui fabrique un miel bien amer
Et qui vont bosser pour pouvoir en bouffer
A cause d'imbéciles qui font des extras sur la terre
Et qui se croient malins car on ne sait qui ils sont
Mais qui seront-ils ?

Jean-marc Bouju - J'étais encore énervé - Mai 1982

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