La buissonnière

Je n'irai pas à l'école demain
J'ai décidé d'aller voir la mer
Rien ne m'arrêtera en chemin
Même si je fais le tour de la terre
Enfin, je marche le long de la route
Et les voitures passent devant moi
Il pleut de légères gouttes
Le vent se lève, souffle sur moi
J'ai faim, j'ai froid et puis j'ai sommeil
Dans une grange en contrebas
Je peux dormir et rêver de ciel
Le chant du coq me tire de là
Mes grand yeux s'ouvrent sur des jardins
Je mange des fruits et des agrumes
Puis je m'enfonce vers la brume
J'ai pas de gants, j'ai froid aux mains
La mer ne peut être bien loin
A l'entrée d'un village
J'ai vu ma tête dans les journaux
Il y a mon nom et puis mon âge
Ils me trouveront bien assez tôt
Moi je veux juste voir la mer
Je n'ai pas fait le tour de la terre
Je suis devant l'immensité
J'admire, je sens cette beauté
J'ai juste envie de la serrer
J'entends des voix juste derrière moi
- Il est là, tiens ! je le vois ! -
Et d'autres encore, ils se rapprochent
Ils sont par là je les entends
Moi je ne veux pas qu'ils me ramènent
Ils viennent vers moi, je sens la haine
Alors je cours vers l'océan
Les vagues me frappent et me submergent
Je ne vois plus rien que le néant
Las autres sont là, devant la berge
La mer emporte mon corps d'enfant

Jean-marc Bouju - Inspiré des 400 coups - Novembre 1983

Commentaires

  • Pas encore de commentaire

Commenter

PARTAGER sur les réseaux sociaux

Navigation

Réseaux sociaux

Flux RSS